Roger Plin

“peintures, dessins, gravures”

du 1 au 27  juin 2026

 

“L’artiste du dessin n’est pas seulement un homme des contours.Il a plus à faire qu’à enfermer une belle forme dans ses justes lignes. Le crayon lui aussi, pour avoir toutes les resources du pinceau, doit résoudre le problème de l’équilibre des ombres et de la lumière. Roger Plin va au fond de ce difficile problème.
Qu’il dessine un paysage ou le corps d’une femme, il veut, avec son crayon, placer d’une lueurs, susciter des nuances de lumière, éveiller toutes les résonances qui retentissent dans la contemplation d’une oeuvre d’art…
En fait, ces résonances sont si fines, si bien associées, que si l’on rêve un peu devant un dessin de Plin, on se sent en attende d’une coloration…
Roger Plin en a saisi la valeur, la juste valeur opposée à la valeur…Pour moi, un paysage saisi par un grand artiste est toujours un poème. Un clocher, un rue, ce n’est pas simplement en dessiner la géométrie. Il faut faire régner des clartés, faire trembler aussi des ombres, belle manière de dire la douceur d’habiter…
Le crayon de Roger Plin respect si bien la netteté d’une chair, sous des tons doux et chauds, qu’il semble que le corps féminin puisse vivre dans une atmosphère toute proche, dans une chaleur immédiate…

Quand un dessinateur quitte le crayon pour le ciseau, quand il sculpte des formes au lieu de les dessiner, il veut faire face à une résistance franche…
Pour mieux sentir ces résistances dessinées, Roger Plin a voulu lutter contre des résistances palpables, il s’est fait modeleur, il s’est fait sculpteur…
De cette flamme sculptée, un poète en ferait un hymne, il nous en ferait entendre le tressaillement, tous les sursauts vers la hauteur.

Cette flamme n’est-elle pas un prestigieux dessin réalisé, matériellement réalisé? Elle peut nous servir de symbole de l’activité d’un artiste, d’un double artiste qui donne le mouvement à l’immobile, une vie cosmique à des mondes dessinés.”
Gaston Bachelard, philosophe