Marcello et Paolo Leoncini

Marcello et Paolo Leoncini


deux vénitiens à Paris

 

“peintures, dessins, gravures”

 

du 28 avril au 23 mai 2015

from 28 april to 23 may 2015 

MARCELLO LEONCINI, le père

Le travail artistique de Marcello Leoncini (Firenze 1905-Venezia 1990) jaillit d’une fidélité aux raisons constitutives de
l’art: il s’agit de motifs  que l’artiste trouve dans les significations universelles de l’authenticité humaine plutôt que dans les contingences, circonstances et occasions plus ou moins libres de l’histoire…

Sa première exposition,en 1925, va établir une liaison, selon les sentiments éthiques d’une tradition culturelle, avec les paradigmes du Moyen Âge et de la Renaissance de Vivarini,Pisanello et Giovanni Bellini, selon une fusion, tactile  et colorée, d’harmonie et forme, de lumière et de couleur…

Marcello atteint, au «rythme du plaisir et de la douleur», l’accord «entre les pensées, les tournures et les sens» (Stendhal)…

La douceur du détachement du peintre face au monde n’est ni abandon ni renoncement,
bien plutôt la manière d’accepter ses transformations, perçues selon des conjonctions
et des dosages à partir desquelles se signalent des fusions phyto-zoomorphes dans
une modalité plastique et colorée riche d’allusions …

PAOLO LEONCINI, le fils

Afin de saisir la continuité, malgré les différences picturales, entre Marcello et Paolo, on peut partir d’une citation d’Erwin Panovskij: «Tu ne t’éloigneras pas de la nature pour te renfermer en toi-même, avec tes pensées, afin de rejoindre on mieux.
Tu te tromperais, évidemment. Parce que l’art a ses racines dans la nature et celui qui veut la posséder doit l’arracher à la nature»…

Son père l’encourageant à observer la nature, c’est-à-dire le monde de l’expérience visuelle… La tendance de Paolo est donc celle de rejoindre le réel selon une relation de synchronie et simultanéité entre punctum et studium, le morceau et l’entier, le fragment et le tout…

Tout ce processus historico-artistique s’accomplit à travers une dilatation du temps intérieur, une distensio animae comme l’appelait Augustin.

Le peintre, afin de rencontrer, par l’art, le temps de la nature, se prépare à l’intemporel,
renonçant à son propre temps psychologique, il entre enfin en synthonie avec les variations
de la nature qui vont devenir une invitation, une sollicitation de réminiscences culturelles,
des émersions de l’inconscient – à travers par exemple les «impressions obscures»
de Proust…

S’il faut chercher la nature, comme le dit Cézanne, au plus profond de nôtre âme, le sujet n’est pas la personne de l’auteur, mais la rencontre entre une intériorité contemplative et une objectivité symbolique et allusive…

Ce qui nous rappelle le naturalisme abstrait de Morlotti, et nous invite à renoncer aux intellectualismes et aux artifices de la plus récente culture pseudo-visuelle…