Pia Van Velde

Pia Van Velde
Vit et travaille à Amsterdam et en Corrèze

2024      Exposition personnelle, La Capitale galerie, Paris
2026      Exposition personnelle, La Capitale galerie, Paris

Extraits :

Et il en a été ainsi…

Il n’est pas facile de créer de l’art au 21e siècle qui se démarque des autres. On entend souvent dire que ‘tout a déjà été fait’. Même si ce n’est pas vrai, car les temps et les gens, les idées et les techniques changent constamment. Mais ce que nous pouvons constater, c’est que la différence se trouve souvent dans la marge. Dans les détails. Ou dans l’approche; la raison pour laquelle – et comment – quelque chose est crée. Et bien que dans la peinture, avec son histoire ancienne et riche, il ne soit pas facile de réinventer la roue, cela n’est pas impossible non plus…

La vie de Pia Van Velde est inextricablement liée à celle de son ex-mari, Mon Wolters, décédé en 2004 à l’âge de 67 ans. Ils aimaient beaucoup passer du temps ensemble dans leur maison à la campagne française, où Mon se consacrait à faire des croquis et à peindre des diptyques représentant la friction entre le yin et le yang, l’homme et la femme, la vie et la mort. À sa mort, il exprima le souhait que Pia-qui était elle-même peintre – donne une nouvelle vie à ses tableaux en les abordant toujours comme des diptyques, mais avec une liberté artistique totale – comprenant ainsi sa propre liberté artistique.

Ainsi, ces diptyques tireraient leur signification de leur vie en tant que couple d’artistes et de tout ce qui vit entre la liberté et la contrainte, entre la déconstruction et la construction, et entre ce qui était et ce qui peut être. Et ainsi cela s’est passé. Van Velde se mit à la peinture. Un processus qui ne se fit pas naturellement…

Le résultat, après plus de dix-huit ans de travail assidu, réside dans le fait que là où il y en a deux, il y a, et il peut y avoir de la friction. Et c’est précisément dans ce fait, et dans la tension associée entre le/la un(e) et le/la autre – en couleur, forme, ligne et composition – que Pia cherche son propre langage visuel.

Et elle l’a trouvé. Car quiconque regarde attentivement le travail de Van Velde ne peut que s’apercevoir que ses tableaux sont construits à partir de plusieurs couches énigmatiques aux côtés de motifs symboliques tels que fenêtres, barreaux, silhouettes humaines, fleurs et feuilles. Mais aussi des sujets plus légers comme des chaussures, des robes, des bikinis et de la dentelle – des références évidentes à l’identité de l’artiste – font partie de son propre récit, parfois frivole. Le peintre choisit entre ce qui peut être vu et ce qui reste caché; entre ce qui est passé et ce qui persiste…

… Grâce à son talent inné pour la couleur et la composition, ainsi qu’à la même passion et obstination avec lesquelles elle mène sa vie: d’une façon directe et intuitive. On pourrait qualifier les grandes différences de couleur, de sujet et de style d’éclectiques ou capricieuses, mais dans le cas de Van Velde, les tableaux sont comparables à un moodboard; à la représentation d’un sentiment qui la submerge au moment où elle se tient devant la toile. Et comme la météo elle-même, ce sentiment peut être calme ou tempétueux, ensoleillé ou sombre. Van Velde embrasse toutes les émotions qui habitent en elle et les confie à la toile comme des expressions de mémoire ainsi que de désir.
Une recherche sans fin qui commence et se termine sur la toile.