Remzi

Remzi

      

REMZI, peintre français né en 1928 à Kirikhan /Anatolie et décédé à Paris en 2015

Peintre de figures, portraits, intérieurs, paysages, natures mortes, pastelliste, graveur. Il fut élève et diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts d’Istanbul, alors dirigée par le peintre français Léopold LEVY. Il vécut à Antioche, puis à Istanbul où il fut accueilli par le « groupe des Dix » avec lequel il exposa en 1950 et 1952. en 1953, il s’établit à Paris.

« Ma vie à Montparnasse »

La vie à Montparnasse… Une chambre sous les toits, en haut de la rue de Rennes.
Le Sélect tous les soirs, lieu de rencontre de tous les peintres du moment, toutes générations et origines confondues… c’était rassurant. L’ambiance était motivante pour travailler !
En pleine « abstraction », je me posais sans cesse des questions. On me disait: « si cet arbre est là, c’est un hasard ». Moi, je pensais le contraire:
« s’il attire mon regard, c’est parce que je ressens quelque chose de cet arbre…»
À ce moment, je lisais beaucoup aussi pour chercher, pour comprendre et je m’arrêtai net sur Héraclite: « ce qui est important, c’est la vision invisible ». L’essentiel pour moi, c’est la dualité des choses.
Je me posais tellement de questions; mais, lorsque je les soumettais aux autres peintres, ils me trouvaient prétentieux; en plus, physiquement, j’avais l’air d’un gamin.
Après la « dialectique », j’ai peint quelques toiles abstraites, mais j’avais besoin d’un autre mode d´expression plus conforme à mes aspirations.
Je suis donc allé prendre des cours de gravure chez Friedlander et me suis inscrit aux Métiers
d’Art pour parfaire la technique du dessin animé que j’avais pratiquée en Turquie pour gagner
ma vie.
Bien qu’admis à l’Ecole des Beaux Arts, j’y trouvais un enseignement semblable à celui que j’avais suivi à Istanbul.
La vie à Montparnasse était bien plus exaltante. C’était pour moi une seconde naissance. On passait du Sélect au Dôme, du Dôme à la Coupole et au Falstaff avec son premier étage réservé aux joueurs d’échecs… Même très tard dans la nuit le cuisinier acceptait toujours de me donner quelque chose alors qu’il venait de terminer son service… c’était rassérénant.
Je fréquentais également le foyer des artistes où il y avait Léone, la serveuse, dont j’ai fait le portrait.
Je retrouvais régulièrement Léopold Lévy, ami de Braque et de Derain qui, en me présentant à Max Ernst, lui dit: « n’oublie pas ce nom ! »
Et puis Krémègne arrivait ; Léopold Lévy disait: « voilà le sous-préfet ! » (le « préfet » étant Soutine), suivaient Manekatz, Zadkine, Bitran, Yves Klein, qui à l’époque donnait des cours de judo !… César Charchoune, Moualla…

À la Coupole, Giacometti écrivait ou dessinait sur les nappes en papier… et dès 10 heures, le dimanche, Sartre, lui, était attablé au Sélect avec sa fille adoptive. Il y avait aussi Mouloudji, Peter Ustinov, Roger Blain, Guy Béart, le sosie de Belmondo et même un authentique descendant des Bourbons !
C’est « l’Expulsé » qui a été une toile déterminante de ma carrière et de ma vie à Montparnasse.
Quand, seul, face à moi-même, je continuais de m’interroger sur les limites de « l’abstraction », je repensais à Héraclite qui confirmait mes intuitions.
Je me suis donc remis à peindre des personnages, des natures mortes, des fleurs… les compagnons de mon enfance, ainsi que des meubles. Une douloureuse solitude m’envahissait et je retrouvais les âmes avec lesquelles j’avais toujours correspondu. L’émotion était intacte, pure et extrême.
Lorsque je retournais au Sélect, les points de vue s’affrontaient, toujours aussi violents: les uns affichaient un avant-gardisme aveuglé, les autres dénigraient systématiquement toute figuration.
On était au cœur du débat qui a toujours cours aujourd’hui et reste vain: « post-avant-garde », « avant-garde », « figuratif », « contemporain »… le faux débat qui consiste à imposer à l’artiste le sens du sens !
J’avais choisi. Ma voie, singulière, excluait tout parti pris esthétique, mais c’était la mienne.
Antonioni aussi, dans ses films, éclaire de l’intérieur tout ce qu’il touche des yeux. « …Il y a des jours où une table, un lit, une étoffe ou un homme, c’est la même chose », disait Monica Vitti dans « l’Eclipse »…
Même époque, mêmes lieux où tous les arts s’embrassent et se confondent.
Le musée Montparnasse restitue à son quartier une part de son histoire, sa dimension interculturelle et intemporelle. Propos recueillis par Eve FEGYVERES

Expositions :
2012-14   Groupe expo, “les oeuvres des années 50-60″
2010   Groupe expo “poétique du regard-50-70″
2009   La Capitale Galerie, Paris, expo groupe “peinture des années 50-60″- Lineart, Gand/Belgique
2008   La Capitale Galerie,Paris, expo personnelle “Oeuvres /70-80″ – Start, Strasbourg- Lineart, Gand/Belgique
2001   Galerie Claudine Legrand,Paris
1996-7  La Capitale Galerie, Paris, expo personnelle (en permanence)- Start, Strasbourg
1994   Galerie am Domhof, Zwickau (Allemagne) «les Peintres de Paris.»
1993   Galerie Etienne de Causans, Paris 1989   Galerie des Artistes, Paris
1989   Galerie Nadalini, Paris. exposition Per.
1988   Artefiera, galerie Nadalini, Bologne (Italie).
1985   Galerie Istria-Damez,Paris,exposition pers.Galerie J.Auriel, Toulouse. Exposition pers.
1983   I.N.E.P., Marly-le-Roi,  exposition pers. 1982   Association “La rue de Bourgogne” Paris, expo pers.-
G.J.Auriel,Toulouse,expo.pers. – Galerie Ikuo, Paris, exposition personnelle.
1981   Galerie B. Schéhadé,Paris, expo.groupe.
1980   Galerie de Nevers, Paris, expo.groupe – Galerie J. Auriel, Toulouse, expo personnele
Galerie Claude Hémery,Paris,expo pers. Les Hauts de Belleville,Paris,expo.de groupe.
1978   Galerie de Nevers, Paris, expo pers. Bibl.Nat. de Paris.« Estampes Aujourd’hui»
1977   Galerie Saint-Georges, Lyon «La Nature Morte du XVIIème siècle à nos jours»
Palais de l’Europe Menton. Expo.de groupe.
1976   Grange de Servette,Douvaine, expo.pers.
1974   Galerie Kriegel, Paris,expo.groupe,”Portraits”
1972   Galerie Chantepierre, Aubonne(Suisse) – Galerie Tivey-Faucon, Paris.expo personnelle
1969   Boulogne-sur-Seine. Exposition personnelle.
1968   Galerie La Bazarine, Paris, expo groupe – Galerie La Muraille, Besançon, expo groupe.
1966   Galerie Dogus,Ankara (Turquie),expo groupe -Galerie7,Paris, expo groupe, “Portraits “.
1962   Galerie Sehir,Istambul(Turquie),expo groupe
1961   Académie des B.Arts d’Istanbul,expo groupe
1958   Salon des Surindépendants, Paris.
1957   Galerie Estève, Paris, exposition de groupe.
1956   Galerie Iris Clert, Paris. Expo.groupe- Galerie Sehir, Istanbul (Turquie), expo.perso.
1955   Galerie La Hune, Paris.
Expo groupes :
1950-52 Exposition du«Groupe des Dix» Istanbul (Turquie).
1950   Kirikhan, (Turquie). Exposition personnelle.
1948   Maisons du Peuple Sisli,Istambul, expo pers.
1947   Kirikhan – Antioche – Alexandrette.

Musées :

2OO5  Musée du Montparnasse, expo personnelle, Paris
1992   Musée Carnavalet, Paris. Expo.de groupe.
1976   Musée de Dourdan, expo. rétrospective.
1971   Musée National de Laon. Expo.rétrospective.
1956   Première Exposition Internationale de l’Art Plastique et Contemporain au Musée d’Art Moderne-Ville de Paris.

Voir l’expo/see the exhibition-2014
                                                                                   Voir l’expo / see the exhibition – 2012
                                                           voir l’expo/see the exhibition-1996-97