Maria Manton

Maria Manton

(1910-2003)

Maria Manton (1910-2003) 

Est une peintre non figurative française de la nouvelle École de Paris.

Maria Manton naît le 4 décembre 1910 à Blida (Algérie). Lors de l’occupation en 1870 de l’Alsace par l’Allemagne, ses grands-parents maternels sont venus s’installer aux alentours de la ville. Originaire de Tarbes…suit ses déplacements avant de s’installer à Alger.

À la fin de ses études secondaires…commence à dessiner. Fréquentant de 1936 à 1942 les cours de dessin puis l’atelier de peinture de l’’. elle y rencontre en 1941, qu’elle épouse en 1944, Marcel Bouqueton et Sauveur Galliéro, avec qui elle expose en 1942, Robert Martin, Georges Ladrey.

En 1946 elle réalise une première exposition personnelle et participée à l’exposition Jeunes tendances picturales organisée par Gaston Diehl.
En 1947 Maria Manton et Nallard, avec Marcel Fiorini, quittent Alger pour la région parisienne…ils découvrent l’œuvre de Roger Bissière, de Roger Chastel.
À partir de 1948 Maria Manton expose en groupe à la galerie Colette Allendy, de Lydia Conti.

Elle réalise ses premières expositions personnelles à Paris en 1950 et 1952, à Amsterdam en 1951, à Anvers en 1952…
Maria Manton et Nallard assument à partir de 1950, pour trois ans, la gérance de l’hôtel du Vieux-Colombier-Saint-Germain-des-Prés : parmi les locataires, Serge Poliakoff, Sydney Bechet, Robert Hossein, le sculpteur César, l’écrivain Kateb Yacine.

En 1953 Maria Manton et Nallard séjournent à Alger. Edmond Charlot, premier éditeur d’Albert Camus, y présente les peintures de Maria Manton à la galerie « Rivages » et Jean Sénac l’expose aux côtés notamment de Baya, Bouqueton, Nallard et Jean de Maisonseul sous le signe de la revue « Terrasses » qu’il a fondée.

Maria Manton expose ensuite régulièrement à Paris à la galerie Arnaud (1954, 1957) puis à « La Roue » (1956, 1961, 1965, 1969, 1970). Au long des années 1950 Maria Manton et Nallard font la connaissance des peintres algériens, notamment Abdelkader Guermaz, M’hamed Issiakhem, Mohammed Khadda, se lient particulièrement avec Abdallah Benanteur et Mohamed Aksouh…le Salon des Réalités Nouvelles dont Maria Manton est devenue la secrétaire générale en 1961.

Maria Manton réalise par la suite une douzaine d’expositions personnelles à Paris, mais aussi, régulièrement, à Amsterdam à la galerie De Boër, et participe à une cinquantaine d’expositions collectives en Europe.
De 1985 à 1992 la galerie Callu Mérite organise à Paris quatre rétrospectives de ses peintures des années 1950. À la veille de l’exposition « Mère Algérie » organisée par le Musée de Villeneuve-sur-Lot, à laquelle elle participe avec notamment Aksouh, Bouqueton, Guermaz, Manessier, Nallard, Hamid Tibouchi,

Maria Manton s’éteint à Paris en août 2003.

Extraits :

Attirée dès ses débuts par Matisse et la couleur, Braque et la construction, Maria Manton peint des portraits, de sa famille… des natures mortes et des paysages « où la véhémence chromatique des fauves est harmonieusement ordonnée par une facture se rapprochant des tentatives cubistes », écrit en 1946 Jean Sénac.

C’est déjà une semi figuration qui caractérise son travail…arrivée en 1947 à Paris, le dépouillement de ses gouaches comme de ses très grands formats peints sur isorel la mène dans la voie d’une rigoureuse abstraction. Dans ses constructions les surfaces équilibrées en aplats silencieux, dont un graphisme sensible souligne les frontières…

En 1953 la redécouverte par Maria Manton des terres et des lumières d’Algérie a pour retentissement un assouplissement des structures de ses œuvres. « J’ai été soudain choquée par la lumière. (…) J’ai alors commencé à casser la forme », confiera Maria Manton.
Après un voyage en Allemagne, en 1955,( Berlin et Cologne)…qu’elle intitule Villes détruites, vers un art plus informel.
À partir des années 1960… dans les années 1970 les titres de ses toiles en lesquels Maria Manton évoque ses voyages avec Nallard…(Espagne,Égypte, origine à partir de 1978 d’une longue suite, en Italie, particulièrement à Venise, et en Cappadoce) “En renouant avec ses origines méditerranéennes, elle retrouve la lumière sur laquelle s’ouvrent dès lors ses œuvres. (…) Sa peinture se libère…”

Chez Maria Manton, couleurs, lumières et motifs évoquent indistinctement, plus que des paysages naturels, des éléments architecturaux ou des motifs de la Méditerranée… À l’opposé de toute description anecdotique, l’allusion sensible qu’y fait Maria Manton à travers des tons chauds et des lignes nerveuses est plutôt celle « d’une atmosphère, d’une sensation de fraîcheur ou de chaleur qui devient comme palpable pour le spectateur »

Expositions principalles :

1950       Paris, galerie Colette Allendy; Amsterdam, galerie Le Canard
1952       Paris, galerie Arnaud; Anvers, Kunst Kabinet Horemans
1953       Lyon, galerie Grange; Alger, galerie Rivages (Edmond Charlot)
1954       Paris, galerie Arnaud
1956       Paris, galerie La Roue
1957       Paris, galerie Arnaud; Schiedam (Pays-Bas), galerie C.C.C.
1961       Paris, galerie La Roue
1962       Lausanne, galerie du Grand Chêne
1965       Paris, galerie La Roue
1968       Paris, atelier Le Bret
1969       Budapest, centre hongrois des relations culturelles
1972       Maillot-Sens, festival d’été
1975       Paris, Atelier Moissinac
1980       Toulouse, galerie P.-J. Meurisse
1983       Paris, galerie Jacques Massol; Toulouse, galerie Génélis
1985       Paris, galerie Callu Mérite
1987       Paris, galerie Callu Mérite
1989       Paris, Centre culturel Algérien (avec Louis Nallard)
1990       Paris, « Œuvres abstraites de 1948 à 1954 », galerie Callu Merite- Évreux «40 ans de peinture»,
Maison des arts – Paris,«Œuvres sur papier»,galerie Debaigts; Amsterdam, galerie M. de Boer
(Maria Manton et Louis Nallard)
1992       Paris, « 46 ans de peinture, 1946-1992 », galerie Callu Mérite
2000      Paris, galerie Nicolas Deman
2014       Paris galerie Artemper (Maria Manton et Louis Nallard)
2015       Paris, galerie de Buci (Maria Manton et Louis Nallard)
2016       Paris, La Capitale Galerie (Manton-Nallard)