Irene Sweijd

Irène Sweijd

 Irène Sweijd vit et travaille à Tubize / Belgique

« J’ai un rapport très physique avec ma peinture, parfois c’est un réel corps à corps avec ma toile, une espèce de danse. Je m’approche, je m’éloigne, encore et encore. Oui c’est une danse, c’est exactement çà. La toile me possède, comme moi je la possède. Il y a des questions et des réponses entre nous. Parfois en peignant, je vis une espèce d’état second et le tableau sort de moi, à mon insu, en une délivrance qui m´est presque étrangère.

Certains thèmes reviennent inlassablement et malgré moi, des formes étranges – mi-animales – mi-humaines, rythme, danse et musique et ma griffe, mon empreinte, une « écriture » à moi seule, originelle et non originale.

Je dirais que si de temps en temps un tableau possède tous ces éléments à la fois, cela provient d’un délicieux « état de grâce »… Irène Sweijd

«Le peintre s´installe face à une toile blanche; il se met en posture de tracer, il s´engage dans le traçage. Il a posé son pinceau sur la toile et avance avec lui, il ramasse son être dans le bout de son pinceau et coïncide avec lui; ce qu’il est il le déroule dans ce trait qui progresse, il se fait tracement en train de s´accomplir, de s´apparaître et de faire rayonner sur toute la toile l´apparition en cours de sa présence.

Si son tracement est création, cela signifie qu´il est non-respect de ce qui est ou a été posé, il sort des représentations existantes; non seulement des apparences formelles particulières, mais aussi des systèmes généraux de représentation qui les fondent.
Le trait en déroulement part à l´aventure loin de toute subordination à un modèle: dos tourné à toute forme, à toute pensée formée, à toute forme de pensée accomplie; il prend demeure dans
l’inachevé et le hasardeux. Il est aventureux: il ne sait donc pas où il va dans le moment où il avance.

Tous sont à la poursuite d´un geste qu’il ait la volonté de figurer ou qu’il se borne à étaler simplement la couleur- capable de libérer ce qui ne dépend pas de nous, d´aller à la source qui allume nos yeux et tient allumées nos pensées; d´un geste qui, au besoin par la violence, force l’énergie cachée au fond de la matière ou des couleurs à se manifester d´elle-même, à laisser monter la lumière, l´éblouissement comme une marée qui nous submerge et à quoi nous ne pouvons rien.» Max Loreau/Irène Sweij

2009 La Capitale Galerie, Paris(en permanence) “Peinture-Sculpture”Irène Sweijd /N.Strauss

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Irene Sweijd lives and works in Tubize / Belgium

This artist has a very close relationship with her canvas. She is not just installed in front of it, she becomes a part of it, developing together with her brush into one single tool for creation. It is some kind of a dance approach where the roles of the possessor and the one who is possessed change regulary.

As she tells us, her painting emerges from her deep interiour delirium that is almost alien to her. Sometimes while painting, Irène Sweijd imagines a second space that would explode in both questions and variable answers.

The odd shapes that are part-human, part-animal, together with her rythm, her music and her imprints form her artistical uniqueness which is both original and common at the same time… Irène Sweijd

2009 La Capitale Gallery, Paris (permanent coll.) “Peinture-Sculpture” I.Sweijd/Nicole Strauss